Pendant que l’Assemblée vote des pleins pouvoirs (pas encore tout à fait, mais ça ne saurait trop tarder), et que l’on interdit à tout va les rassemblements, une armée de l’ombre du bon goût et de l’élégance a tout de même pu se rassembler dans les salons Guerlain des Champs Élysées, pour une soirée d’exception marquant la parution d’un épître de l’homme distingué, LE livre d’Hugo et d’Andy (toujours à la photo !).

L’ampleur du phénomène Parisian Gentleman (qui est donc aussi le titre de l’ouvrage, en toute logique) est absolument extraordinaire. Autour d’un blog se retrouvent tous les égarés esseulés du bon goût dit “à la française”, dénaturé à l’extrême par la médiocrité du monde contemporain et du costume trop grand, thermocollé, mal taillé qui hante la Défense. La résistance est en marche et recrute à tour de bras. Bientôt, nos représenterons 0,02% de la population parisienne. Tremblez pauvres inélégants !

Voici donc que les costumes les plus raffinés, travaillés, originaux (Ô une chemise à boutons de manchettes recto-verso chez Hugo ! Un pantalon retroussé avec bouton de manchette, un gilet de travers, des manches de veste retroussées et boutonnées sur un couple de barbus de Côte d’Ivoire ! Du tweed et du tartan ! Du velours dans le revers intérieur de la veste de votre serviteur ! Un qui a cousu son pantalon avec pattes de serrage sous forme de ceinture incorporée. Andy en tailcoat d’époque aux fabuleuses manches cousues bouffantes. J’en passe). Le sur-mesure fait place à toutes les extravagances du bon goût. Ici, tout est unique : le costume comme celui à l’intérieur.

Les piles de livres disparaissent aussi vite que le foie gras. Et puis il y a quelques filles, aussi, et comme c’est la soirée, elles sont souvent à tomber à la renverse — comme cette journaliste-photographe et sa belle robe “LOVE” prémonitoire, une rousse habituée du premier cercle, une demoiselle à nez qui furète, etc. C’est une bulle spacio-temporelle où l’on peut converser avec le plus divers des personnages, du tailleur à l’héritier en passant par le représentant du commerce de passage. Et où avoir un blog est encore vu comme merveilleux — bonjour à tous !