Le dernier Nanni Moretti est un film sensible, mais qui m’a tout de même assez ennuyé un bon bout de temps. Tout de même, il m’a touché à la fin, et je sais pourquoi, c’est parce qu’il a permis de revoir un bout de vie, de drame ordinaire, de l’inéluctable mort des proches, quand soi-même on ne peut être qu’acculé à le vivre, quand ça arrive. Il est évident que "Mia Madre", dès sont titre, est autobiographique, et que l’héroïne (Margherita Buy), c’est lui (a-t-il une soeur, pour avoir interprété son frère ?). Je pense que c’est pour cela qu’Hinata-chan m’a dit quelques jours plus tard — car j’étais avec la souris, pour cette séance — qu’elle avait trouvé le film superbe. Alors que j’ai trouvé qu’il n’était clairement pas le meilleur du cinéma (ni de Moretti), parce qu’avec des petits bouts de tout (notamment tout un film parallèle sur la vie de réalisateur — -trice —, avec un acteur impayable, par John Turturro, qui met la panique, mais n’amène au final qu’un embryon de réflexion), on ne fait pas une grande oeuvre (même si ça peut arriver). Mais si ça parle, à son vécu, je peux comprendre qu’il y ait une résonance. Et l’on voit un passage de génération entre Giulia Lazzarini (être un vieil acteur, c’est jouer régulièrement sa mort, quelle horreur…) et la pimpante Beatrice Mancini.