Aller aux putes en faisant la queue et en public, c’était permis jusqu’à il y a peu au musée d’Orsay. L’expo Courtisanes, c’est dans la lignée des autres putasseries que nous a offert le musée Orsay depuis quelques expos. Avec toujours Robert Carsen pour la jolie scénographie, qui souffre toujours d’une exiguïté incroyable, avec la traditionnelle police 6 pour les commentaires fournis.

Au début de l’expo, on est dans un mode : “toutes des putes”. Si seulement ! Las, on se demande si telle fille de boutique ou tel modèle s’adonnait réellement à un hobby lucratif certes très couru à cette belle époque par les filles plus ou moins jeunes et fermes. C’est mal de nous donner ainsi de faux espoirs. Heureusement, rapidement, on arrive à de la vraie jambe légère : les danseuses. Quelques oeuvres qui mettent l’eau à la bouche, entre deux citations moralisantes de mal-baiseurs.

Et puis une grande partie porno, enfin, mais forcément moins picturale — ici, les tableaux sont photographiés ou filmés, mode gonzo, plusieurs possibilités et agencements, même homosexuels et à trois, corps lambdas rarement excitants, imagination fertile. Les salles sont noires de monde, on a du mal à mater son porno vintage tranquille (perdu la souris et Melendili à ce moment-là, juste avant pour être précis, dans la salle où il y avait les cartes de visite de massage suédois, médical et autres). Il y a plein de jolies filles dans les salles. C’est cool de mater des ginettes se faire trousser dans le jardin en compagnie de mignonnes bourgeoises apprêtées.

C’est ensuite qu’on a Olympia (qui a servi de support à nudité IRL par une artiste qui n’a pas froid aux yeux, mais on en a eu que le vacarme généré, déception — comme la 3D est encore très choquante, seule la 2D N&B étant devenue acceptable en attendant que Katsuni et Rocco n’entre au musée dans 70 ans, l’artiste qui avait déjà montré son origine du monde s’est rapidement faite dégager), et d’autres courtisanes bien réelles, mes préférées, celles qui étaient à l’origine d’une grande bulle spéculative de la chair (d’autant qu’une bonne partie d’entre elles étaient franchement banales… Mais très salopes, donc super-héroïnes). Quelques reliques immobilières (notamment un meuble pour le Prince de Galles, décidément un grand homme même nu). Et des registres — du lourd avec les courtisanes de luxe, du médical outré avec la collection de saloperies transmissibles.

On termine avec encore un peu de porno autorisé, en noir et blanc, et des peinturlures modernes qui font mal aux yeux, où l’on se demande… où sont les putes ?? (Cubistes) Pas mal, mais l'Enfer ou la Mondaine étaient de meilleures expos.