“Les délices de Tokyo” est un autre film sensible du moment, par Naomi Kawase, sur une histoire toute japonaise sur la lenteur, les mystères douloureux du passé et leurs conséquences d’un drame sourd sur le présent — inclusion et exclusion sociale, préjugés, rachats, dettes —, sur les senteurs et le goût, sur la vieillesse et la jeunesse. 1h53 où l’on suit Sentaro (Masatoshi Nagase), pâtissier improvisé de peu de mots qui n’aime pas le sucré mais se fait bien adorablement rouspiller par les collégiennes du coin, rencontrer Tokue (Kirin Kiki), vieille dame sortie de nulle part qui connaît le secret de comment faire une merveilleuse pâte de haricot rouge, le an, qu’on trouve dans tout dorayaki. Le secret, c’est de parler aux haricots, et de les écouter — et les haricots, ça fait de bonne métaphores. Instant animiste.

Un film doux et triste, qui réchauffe le coeur.