Qu’était-ce que ces volatiles de Lucy Guérin, dans Xylographie ? Étranges créatures, vingt danseurs, aux costumes travaillés (par Aleksandar Protic), tous différents, mais de trois couleurs différentes. Maquillages asymétriques, des demi-sourires de clown assez flippants (ça m’a fait penser à Alexander McQueen, d’où peut-être l’association abusive de mon esprit avec des oiseaux). La chose était au final assez fascinante, pendant quasiment une demi-heure.

Le ballet de l’opéra de Lyon a donc commencé fort, pour sa visite annuelle du théâtre de la ville. En à peine cinq minutes, la moitié des danseurs s’étaient changés en civil pour Sunshine d’Emanuel Gat. Je me souvenais avoir vu une pièce de ce compositeur, mais je ne savais plus quand. D’après la souris, nous n’étions pas encore ensemble : bien vu, c’était en avril 2009, à l’opéra.

Cette fois, le groupe de danseur était en pleine lumière, en cercle, et incarnait — je pense — les musiciens de l’ensemble orchestral que l’on entendait s’accorder et discuter ensemble (ainsi que le chef), avant d’entamer un premier bout de Water Music. C’était rafraichissant.

Après l’entracte, Black Box de Tânia Carvalho était radicalement différent : une grosse boîte noire très éclairée à l’intérieur qui monte et descend régulièrement, sur une musique d’Oren Ambarchi, exposant et cachant un ou plusieurs danseurs ou danseuses (jusqu’à dix). Un effet assez magique, entre le fondu au noir total et l’apparition éclairée par en haut, qui marche pendant là encore une grosse vingtaine de minutes. 

Et pour finir, après encore une pause, toute la troupe (dont quelques filles très très mignonnes — mais une seule dans mes mensurations, parce qu’à Lyon, il y a quand même de la cuisse !), le chef d’oeuvre de Forsythe dont on ne se lasse jamais : One flat thing reproduced — avec dans le rôle des flat things clonées, les tables sur lesquelles on danse sur la musique techno répétitive et désagrégée de Thom Willems. Ça marche tellement bien ! Déjà vue en 2014 et en 2009, et encore à revoir…