Ian est homme saint, nous avons eu l’occasion de nous exprimer sur ce point précis — surtout parmi la gent féminine qui m’accompagnait. En tant qu’évangéliste de la passion selon Saint-Jean, en version allemande après avoir chanté en anglais et français la veille dans la même salle du TCE, il a porté la soirée et compensé les faiblesses d’un Choeur Polyphony à la diction germaine un peu étrange, et aux accents d’un Orchestra of the Age of Enlightenment pas toujours très clairs.

La direction de Stephen Layton assurait pourtant le job, tout comme les chanteurs (Neal Davies en Christ baryton-basse, Iestyn Davies/contre-ténor, Stuart Jackson/ténor, Roderick Williams/basse), malgré quelques faiblesses là aussi (notamment de la soprano Julia Doyle). Même le surtitrage nous a fait quelques fantaisie, entre les phrases où il manquait des mots, les fautes d’orthographe immondes, et les incohérences entre par exemple un “tout est réalisé” (ah ?) devenu plus loin “tout est achevé” (la norme). Ce n’était clairement pas la meilleure Saint-Jean qui soit — une redécouverte pour la souris, un indénombrable pour Hinata —, mais Saint-Ian-Bostridge en a fait mériter l’écoute par son timbre, sa diction, sa dramaturgie de grande qualité.