Vanja D'Alcantara n’a pas forcément beaucoup pris de risques en adaptant un roman d’Olivier Adam qui avait fait partie de la sélection Goncourt en 2010. Et pourtant, pour ce Japon qui ne cesse de fasciner une partie de l’Occident, il n’est pas facile d’oser la lenteur, la contemplation, et surtout la rudesse. Ça ne peut pas marcher à tous les coups, chez nous — si c’est bien fait, dirais-je presque, ça ne peut pas marcher.

“Le coeur régulier” met en valeur la toujours sublime Isabelle Carré dans un décor inattendu. Pour son personnage aussi, qui de la banalité du quotidien triste et réussi selon les cannons, va sortir brusquement par le drame. À l’autre bout du monde, elle chasse le fantôme de son frère mais aussi sa propre âme. C’est dans le silence et la rigueur qu’elle va aussi trouver l’humain et accepter l’absence abyssale de sens. Du moins c’est ce qu’on peut penser, parce que tout en pudeur, on en dit plus en commentaires que dans tout le film. Forcément.