Seconde Turangalîlâ de l’année, pour ne point me déplaire, cette fois-ci par l’orchestre de Paris et Paavo Järvi — de quoi justifier un dimanche après-midi à la Philharmonie. Elle est d’abord précédée d’un Charles Ives, The Unanswered Question, qui est proprement magnifique. Un souffle intrigant de cordes monotones aphones continues sur laquelle prend parfois le pas une trompette lasse, et quelques soubresauts de vents dissonants. À posséder dans sa discothèque, six formidables minutes.

Pour la Turangalîlâ-symphonie, avec l’habituel Roger Muraro au piano et l’inhabituelle Cynthia Millar aux fameuses ondes Martenot, la perfection aurait été atteinte si seulement Lola avait été présente pour finir de nous élever vers les étoiles. C’était très bien, donc, mais a souffert de l’étouffement du son dans la salle, qui décidément fait moins vibrer que toute autre. On aura pu profiter cependant de l’effet de dissociation des instruments qui permet de mieux analyser l’oeuvre. On ne peut pas tout avoir, et puis ça complète bien la séance précédente au TCE.