“Ma Loute” est le dernier Bruno Dumont, de “la vie de Jésus”, ce qui rétrospectivement explique des choses. Ça fait parti de ces films qu’une certaine critique adore, et le public moins, pétri de WTF. Dans le même type d’équilibre critique-public, mais tragique là où “Ma Loute” opte pour la farce parfois lourdingue, j’ai pensé à Sangre, surtout quand à la fin on verse dans le fantastique — mais apparemment je suis le seul à faire le rapprochement.

Le casting un peu luxe (Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi), qui a pu en faire des tonnes de manière débridée, a été mis en avant, mais c’est surtout les deux héros Brandon Lavieville (qui a l’air du cru) et surtout, surtout Raph (on n’en sait pas plus sur elle…) qui sont intéressants. Raph, elle joue juste, sans en rajouter, avec sa voix grave, son androgynie fascinante, son visage exceptionnel.

Le film est déglingué dans un Nord incestueux et décadent de début de siècle, où tout le monde en prend pour son grade — et le plus intelligent de l’affaire a l’air d’être l’adjoint de police clairement trisomique —, et où ça tartine jusque dans le gore. Ça part dans tous les sens mais ça réussit à rester debout. Pourtant, c’est aussi un peu trop long (deux heures). Le problème quand on ne sait pas trop s’arrêter.