The Neon Demon est un OVNI usuel. Léché comme un clip hyper travaillé, maniant la poésie de la violence comme on l’avait vu avec Drive, du même Nicolas Winding Refn, le film excelle dans son esthétique très travaillé mais pèche par là-même : le fond vs la forme, mais aussi la question de l’originalité, avec cette sensation d’avoir déjà vu quelque chose du genre, sans arriver à remettre (mais en même temps, chapeau pour la scène nécrophile, ça je n’ai jamais vu dans du cinéma occidental, même s’il y avait de l’approchant). Ça rappelle Under the skin, par exemple (qui lui-même rappelait fortement un épisode d’au-delà du réel avec Alyssa Milano). On sent qu’on est à une sorte de croisée des chemins (de cambrousse), avec des néons stroboscopiques — un peu comme l’affiche, en somme.
Un petit recoin du film d’horreur avec Elle Fanning et Abbey Lee Kershaw (qui donne de plus en plus dans le ciné, sous le nom Abbey Lee) — avec aussi Jena Malone et Bella Heathcote (aussi made in Australia) pour compléter le groupe de mannequina, et Christina Hendricks/Keanu Reeves dans de petits rôles. Le tout à LA dans le monde du fashion, qui avale de la chair très fraiche. Une mythologie/fable/parabole assez classique, quand on y pense, mais qui marche de fait diablement bien.
Musique électro, très belles images, et finalement un recoin du gore qu’on ne verrait que chez les Japonais des années 70 (Teruo Ishii par exemple), tout comme j’aime beaucoup Drive, je vote pour ce Neon Demon.