D’abord, c’est Philippe Jaroussky qui a déclaré forfait — méchante bronchite. Alors le récital a été décalé d’une bonne semaine, et passé d’un samedi à un lundi. Et c’est Hinata-chan qui a dernier moment a déclaré forfait. Rater volontairement le pèlerinage annuel au TCE. Hérétisme !

Le tout Paris et le tout ninja était pourtant au rendez-vous pour un programme vénitien affichant de la rareté ancienne — avec tambour, donc. Ensemble Artaserse pour des musiciens en majorité jeunes et enthousiastes.

Cesti - Sinfonia et air « festeggia mio core »  extrait de Le disgrazie d’amore

Cavalli - Recitatif  et aria d’Endimione  « lucidissima face » extraits de La Calisto

Rossi - Lamento d’Orfeo « lasciate averno» extait de L’Orfeo

Meali - Sonate pour violino « la cesta » 

Cavalli - Aria di  «all’armi mio core»  extrait de Statira, principessa di Persia

Marco Uccellini - Sinfonia quinta a cinque stromenti 

Legrenzi - Grande scène de Giustino: « O del ciel ingiusta legge! » extrait de Giustino

Marini - Passacaille

Rossi - Air « M’uccidete begl’occhi » 

Steffani - Air « Sorge Anteo »  extrait d’Alarico

Uccellini -  Sinfonia sesta a cinque stromenti op. 7 

Monteverdi - « Adagiati, Poppea » (Incoronazione di Poppea)

Cavalli - Airs « Delizie contente » extrait de Giasone  et  « Che città» extrait de Ormindo

Steffani - Marco Aurelio, ouverture - Récitatif et air d’Anfione « dal mio petto», extrait de Niobe - Regina di Tebe

Legrenzi - Sonata a due « La Spilimberga »

Cesti - Lamento de Polemone  « Berenice » extrait de Il Tito

Steffani - Aria ciaccona « Gelosia, lasciami in pace » extrait de Alarico

Originalité et excellence au rendez-vous. C’est rythmé, c’est emballant, le public assez nombreux — on pouvait se replacer, mais pas si facilement que ça non plus (j’ai dû fuir un chinois renifleur, ça faisait longtemps…) — en a redemandé.

Alors Philippe nous parla, nous fit un peu rire, et annonça le-plus-grand-génie-du-baroque, Monteverdi, avant d’entamer un très beau “Si dolce”. Alors le public applaudit de plus belle, et il annonça un autre Monteverdi, cette fois de l’Orfeo, “pas pour contre-ténor mais je m’en fiche !”. Public forcément emballé, on termina avec un rappel de la chaconne finale. Belle soirée.