Début de mon Executive MBA. Il y a un tout petit moins de quatre ans, je dévoilais mon plan d’évasion sociale mis en place déjà deux ou trois bonnes années auparavant.

Ce plan impliquait des ressources financières assez importantes pour présenter un risque élevé de devoir ensuite faire le trottoir chez McKinsey ou au BCG, à raconter de la merde à des cons, pour pouvoir rentrer dans mes frais. Je m’en suis bien aperçu avec un ami qui a fait l’EMBA global de LBS (le Saint-Graal qui m’a refusé in extremis en début d’année, dans d’étranges circonstances, mais peut-être pour mon plus grand bien de 170K$ — sans compter les frais annexes, environ 30K), obligé d’aller cachetoner dans des boulots de merde — en même temps, s’obliger de rester en France pour sa famille, quelle idée, je vous jure.

Changement de plan, donc, mais à peine. Un EMBA aussi original que ma personne : pas mal noté, assez pour être vraiment valable, pas assez pour me titiller sur des détails (du GMAT à l’équipe que je ne dirige toujours pas vraiment — comme tous mes potes startupers, notons !), à un prix de base imbattable, surtout que grâce à la petite astuce qui me coûtait jusqu’à présent un inutile bras — me faire salarier par moi-même —, ça devrait même me coûter zéro. Et c’est ainsi que le plan s’exécute bien.

Et le contenu, alors ? Eh bien : quel régal. En une semaine, des loupiottes s’allument partout dans mon cerveau qui ne demandait que ça. Et notamment, j’ai découvert que je suis INTP. Le test MBTI annonçait tout d’une tarte à la crème, et les manants du consulting cheap post-MBA, prompt à faire du pré-mâché pour un peu de finance, peuvent dévoyer cela avec délectation. Mais les perspectives ouvertes par cette grille de lecture des manières d’être et penser a mis le doigt sur d’importantes caractéristiques que je n’arrivais pas si bien à nommer. Introspectif, intuitif, rationnel et perceptif, je suis pour la première fois de ma vie une vraie caricature à 100%, un archétype parfait. Ironiquement, cela fait plaisir : représentant exacerbé d’une toute petite minorité, ce que j’avais du mal à exprimer s’est tout à coup tenu sur une fiche de personnalité comme une évidence. La prochaine fois qu’on me posera des questions difficiles, qu’il y aura un conflit larvé d’incompréhension, je dégainerai mon : #jeSuisINTP. Et du coup, j’ai déjà ma biographie sur Wikipedia. C’est beau.