Dernier concert de la série Barenboim-Staatskapelle Berlin, avant la mini-session de janvier, il y avait cette fois au programme d’apéro la Sinfonia concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson K 297b de Mozart : cette fois, le maestro se contente de la baguette, et ça a le mérite de l’originalité. Ce n’est en effet pas tous les jours qu’on entend cette oeuvre. Avec Gregor Witt au hautbois, Matthias Glander à la clarinette, Ignacio Garcia au cor et Mathias Baier au basson.

Les tarifs prohibitifs ont toujours laissé de belles opportunités de replacement, mais j’ai dû être chassé de ma place (la veille aussi, mais on avait opportunément occupé les sièges délaissés par nos voisins partis aux urgences…). Pas de chance, je rejoins donc Serendipity sur les bords (parce que c’est pénible, la Philharmonie : le public arrive in extremis, en début de concert comme après l’entracte, et dans certains cas même après le début de la musique). On vit un moment extraordinaire avec un vieux qui nous lance un “ne vous mettez pas devant moi” pour nous inviter à nous replacer ailleurs que sur le rang devant lui — il n’aurait pas envie de quelques convulsions, celui-là ?

De toute façon, il y avait de bien meilleures places, plus devant encore, pour faire encore plus exploser le frissonomètre que les fois précédentes. Comme Daniel Barenboim, je peux diriger la symphonie n°7 de Bruckner sans l’aide de la partition (qui ne me serait guère utile, d’ailleurs, à titre personnel…). En même temps, c’est à force d’écouter sa propre interprétation au disque, alors je manque peut-être de références plus diverses (quoiqu’elle est souvent donnée au concert, et que je m’efforce de ne jamais la rater). Standing ovation.

À la sortie, l’issue de secours nous fut (vainement pour ma part) interdite. La Philharmonie se plie toujours en quatre pour rendre ce qui pourrait être une agréable soirée au minimum absurde, au pire désagréable. Pour 400 millions, tu n’as presque plus rien — il reste une excellente acoustique sur les deux premiers tiers de parterre que je ne quitte plus désormais.