LE film du moment est de Park Chan-Wook, qui avait déjà réalisé le très singulier « Thirst, ceci est mon sang » (2009, déjà !), le fantastique « Stoker » mais aussi dernièrement le plus évident (à l’allégorie transparente) « Snowpiercer, Le Transperceneige ». Et cette fois, « Mademoiselle », simplement génial. Il est difficile d’écrire dessus, tant on aimerait ne rien révéler. Pas même la durée, car on pense qu’on a finit plusieurs fois, mais les divers points de vue narratifs se recoupent se complètent jusqu’à l’avancement de la trame complète. Inclassable dans le genre (« Drame, Romance, Thriller », dit Allociné), le film se démarque aussi par l’usage simultané du Coréen et du Japonais (astucieusement sous-titrés en deux couleurs), levant un mystère de la bande-annonce (j’arrive à distinguer assez facilement les deux, quoique je trouve que certaines intonations sont parfois ambigües).

Il y a deux acteurs fantastiques, Jung-Woo Ha (Le Comte) et Jin-Woong Cho (Oncle Kouzuki), et puis surtout deux actrices à tomber : Kim Min-Hee (Hideko, aka « Mademoiselle ») et Kim Tae-Ri (Sookee, la servante). Adapté d’un roman de Sarah Waters (Fingersmith, 2002), je ne sais si la narratologie originale (du moins extrêmement rare, je cherche mes références) vient de là. Mais l’esthétique ajoutée à cela (notamment dans des scènes érotiques incroyables) a fait oublier l’abominable salle dans laquelle nous étions (il y a de ces trucs, à Paris, parfois…). Je me souviens du choc de Sexcrimes à l’époque, et là, on est loin devant… Simplement génial (et jouissif).