Fillon Fillon, petit patapon. Alors là. Sur le cul. Pas vu venir. En même temps, les cathos de la manif pour tous nous disaient bien qu’ils étaient hyper nombreux : manifestement plus que ceux de gauche aller verser leur dîme de deux euros (il paraît que la grande gagnante est la démocratie : les comptes de l’UMP, qu’ils sont gaiment salopé depuis cinq ou six ans, dirais-je plutôt !). D’ailleurs outre Juppé, NKM s’est faite massacrer — arriver devant Copé (#lol), un Poisson sorti des eaux et un Bruno le Maire baudruche arriviste et girouette à ses heures, ce n’est guère très réconfortant je trouve.

Bref, au moins, c’est un mec de droite, c’est clair. On se demande quand même si ce n’était pas lui le Premier Ministre pendant 5 ans, nommé il y a 10 ans. J’ai un doute. Au secours. Ce pays est foutu au-delà du concevable. On peut se rassurer en se disant qu’il va siphonner la branche UMP qui est à la lisière de l’extrême droite (les réacs pas-tout-à-fait-vrais-cathos), qui d’ailleurs apparaît plus progressistes en comparaison. Mais j’avoue regretter Juppé (putain, où on arrive, dans ce pays) : plus de stature, l’assurance de revenir à de l’ancien qui marche, avec un rassemblement de gens-qui-ont-un-cerveau (de droite modéré, j’en suis à un niveau de désespoir où ça ne me dérange plus trop).

Allez, question : qui suivra Macron ? Certes c’est un peu une baudruche, aussi, le mec made in système de A à Z qui se fait passer pour l’anti-système (on peut toujours espérer racheter son âme, mais bon, vraiment ?). On ne sait pas trop si son idée de se débarrasser de programme de menteur, exercice obligé de la démocratie comme l’est le business plan en startup, ne masque pas un vide aussi sidéral que chez Juppé (ou des idées farfelues de chez NKM). Petit exercice : combien de candidats parlent de l’immobilier et de l’industrie ? Deux « petits » problèmes qui coulent juste le pays, tranquillement. Pas compliqué pourtant de l’évoquer.

Donc voilà, dans l’irrationalité ambiante où tout peut arriver — même du Trump largué de 2 millions de voix, et qui ose sortir grâce à sa suprême intelligence que le vote est de toute façon entaché d’irrégularités (heureusement qu’il a hérité principalement de sa fortune… Il paraît que s’il avait simplement investi son argent sur des supports financiers, ça aurait rapporté plus) —, la stratégie du trou de souris de Hollande paraît même fondée. Dans un pays soviétique et de rente de situation (où les personnes concernées sont encore plus nombreuses que les rentes de richesse), se mettre à dos les fonctionnaires et assimilés, soit 4 millions d’actifs (et ça ne compte pas les indirects…), c’est un peu l’assurance de se faire démonter au second tour. Alors, encore Hollande pour 5 ans ?

J’en suis arrivé à un point où je ne considère plus vraiment qu’on puisse sauver le pays. Mon but, maintenant, c’est de faire comme tout connard de cosmopolite intellectuel égoïste : m’assurer que ça ne se casse pas la gueule trop vite le temps de bouger où c’est le plus opportun. Le Français a la pulsion de mort : c’est son droit, mais ce sera sans moi.