Le théâtre de la ville peut se targuer d’être le seul théâtre au monde à ne pas faire du duplicatas. Et puis cette année, c’est aussi sûrement bien le seul à être « itinérant » : heureusement, à la Villette, squattée pour l’occasion, on est rudement moins con (et arriéré). Je n’étais d’ailleurs pas le seul dans ce cas-là, à me retrouver avec un billet « fait à la main » pour un Akram Khan qui tapait dans les 32€ de l’heure, tout de même. C’était la première fois que j’allais sous les halles — la souris aussi —, une arène fort adaptée mais pas vraiment chauffée, avec des sièges très précaires et fort mal alignés. 32€. Je ne dois pas vivre sur le même plan d’existence, il faut que je perce ce mystère.

Trois danseur. Le premier, j’ai mis longtemps à deviner que c’était une première ; la souris a pensé l’inverse ; j’avais raison, c’est bien une fille (le bassin a quand même fini par un peu me la trahir). Christine Joy Ritter. En regard, Ching-Ying Chien n’avait aucun doute sur sa féminité : dieu quelle beauté (non que la précédente ne soit pas aussi magnifique dans son genre androgyne, d’ailleurs). Pas bien grande, musclée au dernier degré sans en paraître, à peine moins désarticulée que la précédente, impressionnante de bout en bout. Et le troisième larron, Akram Khan himself, pour nous raconter un extrait du Mahabharata, donc une histoire incompréhensible par essence. On a compris qu’il y avait une figure tutélaire, un gros macho, une opposition, un volcan qui s’ouvre et qui finit par engouffrer le pénible de service. Grosso modo. « Until The Lions », sans lions.

C’était rudement bien, entouré de chanteurs-musiciens, le tout en mode oumbah-oumbah — surtout avec des lances en bois partout. Dommage qu’ils n’aient pas fait un vrai feu sous le faux volcan, pour se réchauffer un peu.