Premier spin-off sous forme cinématographique de Star Wars — puisqu’il y avait déjà eu les Clone wars en animé, auxquelles je n’ai pas beaucoup accroché —, « Rogue One: A Star Wars Story » est aussi la marque d’une nouvelle exploitation extensive par Disney. Une équipe de nouveaux héros jetables, menés par une Felicity Jones irrésistiblement mignonne (quoique hors de mes critères hétérosexuels), et un effort désespéré des scénaristes de rattacher les wagons, avec bon nombre de références (essentiellement à SW4) pour faire plaisir aux fans, mais je pense quelques problèmes de continuité tout de même — à vérifier (toujours pas eu le temps…), de ce que je pense relever, la nature opérationnelle de l’étoile de la mort (Tarkin laissait penser que ça n’avait jamais été testé avant, de mémoire — les scénaristes se rattrapent sur le fait qu’il n’y a que des essais préliminaires, certes), l’évocation sur la manière dont les plans ont été volés (plutôt de l’espionage que THE bataille intergalactique), et un problème de hiérarchie (Darth Vader directement sous l’empereur comme à partir de l’épisode 5, alors que le 4 est assez clair sur le fait qu’il est sous Tarkin). Mais ça aurait pu être pire (il n’y a qu’à lire la Bible pour voir le bordel de l’exercice). Ils n’ont pas oublié que le Sénat existait toujours, c’est bien.

En fait, j’avais même un instant craint la catastrophe, avec la sortie des scénaristes Chris Weitz et Tony Gilroy, qui faisait craindre un manichéisme de bas étage (j’ai arrêté de noter le nombre de contre-sens qui ont suivi ces déclarations…). En fait, on a des extrémistes chez les rebelles, qui ne font pas trop dans le détail, entre l’assassinat et le massacre de civils au milieu des échauffourées. Donc, on peut trouver que les rebelles, c’est sale. Quelque part. Bref. L’Empire est tout de même vraiment trop décrit comme un bordel de psychopathes ; c’est un peu dommage. Pas la peine de forcer le trait outre-mesure, les loulous.

Au final, c’est formaté mais ça fait le job. Très bien, même. Star Wars a été décliné en tellement de choses qu’on n’est plus forcément à un film près, et si l’on suit la route, on ne peut pas se rater (repensons avec émotion à SW1… Non.) Mais du coup, notre réalisateur Gareth Edwards et ses six précédents films totalement inconnus au compteur, il sert peut-être bien à rien. Le seul risque qu’il prend par rapport à la tradition, c’est l’absence de résumé préliminaire (on a quand même un vaisseau qui arrive), pour nous mettre une séquence d’introduction (qui doit se dérouler juste après SW3), avant de faire un bond 15 ans plus tard (juste avant SW4, avec une belle transition finale, et une Leia numériquement reconstituée comme Tarkin — on n’y voit que du feu).

Alors ça se regarde aussi bien qu’un énième épisode Star Trek, avec grand plaisir, mais sans révolution.