Rodelinda est un opéra en trois actes aussi long qu’incompréhensible de Haendel. Parfois on se dit qu’il faut être un p’tit vieux surentraîné à Santa Barbara pour pouvoir suivre du baroque, avec ses intrigues hyper compliquées à tiroirs, avec des personnages aux noms alambiqués, et l’absence de mise en scène aide autant que le fait d’être placé de côté (donc on ne sait pas trop qui chante, parfois). Si les microbes n’avaient eu raison d’Hinata, partie se réfugier dès la première quinte de toux non maîtrisable, je pense qu’elle aurait achevé une boîte d’aspirine. J’ai pris le pari de suivre à moitié, de me replacer de face pour la seconde moitié, de tenter de raccrocher les wagons, et finalement, ça se termine de manière assez compréhensible — et seul un mécréant est occis, sinon ça aurait été compliqué pour le choeur final. On remarque que David DQ Lee (Unulfo) a une super jolie veste sur mesure très asymétrique, et ventilée sur les manches. C’est probablement ce qui marquera le plus de la soirée, même si la direction de Maxim Emelyanychev depuis son clavecin d’Il Pomo d’Oro, et les prestations des chanteurs (Karina Gauvin en Rodelinda, son mari Bertarido par Marie-Nicole Lemieux, Romina Basso pour Eduige, Konstantin Wolf en Garibaldo à ne pas confondre avec Grimoaldo par Juan Sancho) étaient aussi au niveau.

Un jour il faudra que je fasse un bingo-Haendel pour voir si je les ai bien tous cochés…