On se pose toujours la question : comment Yuja Wang arrivera-t-elle ? Le concentré chinois qui défie les lois de la génétique locale pour nous offrir l’un des minois les plus talentueux du piano, essaie de se refaire une image : de robot made in China du clavier, montrer une sensibilité dans des pièces plus romantiques, originales et en tout cas moins purement acrobatiques, et de sex symbol de poche, assagir un peu son image en allongeant la robe — certes semi-transparente et à dos nu, relevé par un carré plongeant à mèche qui lui sied toujours.

Et c’est donc ainsi qu’on la retrouve pour un duo habituel avec Kavakos, car à toute belle, il faut une bête. Et allez savoir si ce sont les oeuvres de la soirée ou cette toujours aussi surprenante association, mais le violon était bien plus intéressant, et la salle bien peu garnie (et même si les pianos 4* ne sont pas réputés pour leur sens commercial, les tarifs étaient fort abordables). Bref, ça commence avec un Janacek mélancolique (Sonate pour violon JW.7/7), enchaine sur un Schubert sautillant (Fantaisie en ut majeur pour violon et piano, op. 159, D. 934), reprend par un Debussy chantant (Sonate pour violon et piano) avant de terminer dans un Bartok acrobatique (Sonate pour violon et piano n° 1). Yuja semble toujours aussi rapidement fuir la scène, et après un dernier fameux salut où l’on se demande toujours si elle s’exerce en moine Shaolin à briser le tabouret d’un coup de tête, elle nous servit avec Leonidas un petit rappel synthétique (du Schubert ?).

On reviendra.