À la suite d’une aventure des plus désagréable — et en tout cas ruineuse — qui fera le billet de la semaine, c’était là l’une des représentations les plus chères de la saison : la Cité de la Musique (de nouveau renommée ainsi après une expérience des plus hasardeuses) est en effet réservée à une certaine catégorie bobo-sociale ; mais même le ninja met 25€ pour Christian Gerhaher.

Mon binôme de barytonage était un peu plus remise, et quoique non encore totalement fréquentable, elle a recouvré son humeur très variable (mais cette fois plutôt positive). Laissons-lui donc cette remarque tout à fait pertinente que j’aurais certainement présenté ainsi : Gerhaher est certes fort précis en diction, mais il perd en émotion ce qu’il gagne en horlogerie. C’est beau mais prévisible. Ça manque probablement de la passion qui nous anime, avec Matthias Goerne — bientôt des plans à trois, pour sa semaine, d’ailleurs ! Mais ne boudons pas notre plaisir : il demeure clairement l’un des meilleurs interprètes vocaux du moment.

Très beau programme cependant, tout de Robert Schumann : Drei Gesänge (op. 83), Fünf Lieder und Gesänge (op. 127), Sechs Gedichte und Requiem (op. 90), Romanzen und Balladen (op. 49), Liederkreis (op. 24, Heinrich Heine), Vier Gesänge (op. 142). Et deux rappels, avec son Gerold Huber au piano : Warnung (op 119 n2) et Mein Schöner Stern! (op 101 n4). Que de Schumannitude ! Très belle soirée.