Qui savait que Tchaïkovski avait écrit la musique et le livret d’un opéra sur Jeanne d’Arc, d’après du Friedrich von Schiller, mais bien en russe ? Sur notre sol national, il aura fallu attendre 1976 pour la première ! Et à la Philharmonie, la salle était assez bien remplie sans l’être tout à fait : c’était facile de se replacer en 4A, premier rang (sur invitation d’une ouvreuse stressée au parterre, qui trouvait la salle très pleine — il n’y avait que plusieurs rangées libres en plein milieu, c’est vrai que ça allait être très très compliqué, au moins…).

Là, on apprécie la saturation sonore par l’Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï de Russie, dirigé par notre adoré Tugan Sokhiev. Mais aussi le volume sonore impressionnant d’Anna Smirnova en Jeanne d'Arc — qui n’a pas la tête de l’emploi, mais un coffre ahurissant. J’ai plusieurs fois vu la souris se boucher un peu les oreilles pour atténuer le son. Le reste de l’équipe était aussi de fort bon niveau : Oleg Dolgov en Roi Charles VII ; Bogdan Volkov en Raymond ; Anna Nechaeva pour Agnes Sorel ; Andrey Gonyukov en Dunois ; et Stanislav Trofimov pour L'Archevêque (quelques autres encore, plus mineurs).

La première partie de 1h35 était assez fascinante, mais j’ai eu plus de mal avec la deuxième de pourtant seulement 1h05. Il faut dire que des retardataires (la chose commençant à 19h00…) avaient récupéré leurs places, nous repoussant en fond de premier balcon, plus de face, mais aussi plus loin, avec un son atténué, quoique mieux positionné pour apprécier l’orgue (parce qu’il y a un orgue, en plus !!). Bref, cumulé avec l’oreille droite bouchée (perte de pression suite à injection de fièvre jaune & hépatite A dans l’après-midi ? Ça a duré jusqu’au dimanche…), c’était plus compliqué.

Il n’empêche que notre flamme a brûlé pour cette russe Jeanne !