« L’autre côté de l’espoir » d’Aki Kaurismäki mêle du contemporain et de l’ancien, comme le téléphone portable et filaire des années 80 alors que les migrants ont un portable, et ce parti pris n’est pas que la seule bizarrerie : en fait le Finlandais, c’est comme l’Allemand. D’ailleurs, y’a la même tapisserie, et la même bouffe atroce. Ça fait aussi une sort de conte moderne hors du temps, mais pourtant ancré dans le concret du conflit syrien exporté. Deux histoires parallèles se rejoignent tout aussi étrangement, lorsqu’un migrant sympathique qui attire pourtant les coups de poings et se fait toujours rejeté, rencontre un vieil entrepreneur qui a revendu son stock de chemise pour acheter un resto local. Un peu fagoté de travers, mais pourquoi pas. Cependant, à manier l’absurde, peut-on réellement avoir un discours moral : on ne sait plus très bien sur quel pied danser.