Percival Harrison Fawcett était prédestiné aux quêtes impossibles. Arpentant la terrible forêt amazonienne, où il y a plus de raisons de mourir subitement que d’en revenir entier, il tombe sur un début de mystère qui vire à l’obsession : retrouver une cité mystérieuse qui montrerait définitivement le relativisme de la civilisation occidentale (je crois qu’on a le même type psychologique en fait : je l’ai jugé trop vite extraverti, surtout au milieu du grand rien vert).

Charlie Hunnam interprète le rôle pour le compte d’un James Gray qui sait nous faire de la poésie visuelle. Il nous absorbe dans les aventures entre les Indiens dégénérés de Londres et ceux d’un abord complexes de l’Amazonie (le réalisateur s’en est tenu à la Colombie pour ses plans). On ne se rend même pas compte que Henry Costin est interprété par Robert Pattinson au milieu des piranhas. Plus qu'un film d'aventure (ce n'est pas Indiana Jones !), c'est une exploration psychologique en profondeur, autant que la jungle.

« The lost city of Z », adapté de la biographie (romancée ?) de David Grann, c’est l’histoire de quêtes qui dépassent la raison pour entrer dans la passion. La passion du mystère extérieur qui trouve un écho interne. Mais le seul mystère insondable, c’est comment quitter par autant de fois Sienna Miller (Nina Fawcett) ? On ne voit pas passer les 2h21 qui s’étalent sur vingt années de vie — et peut-être de mort, car le mystère est bien total.