Les moments musicaux à la Philharmonie se succèdent mais ne se ressemblent pas. C’était le grand retour de Yo-Yo Ma — avec sa pianiste fétiche, pour ne pas dire complice, Kathryn Stott. Il était assez complexe de se replacer : pourtant la salle avait été remplie avec des tarifs assez prohibitifs — 110, 90 et enfin 75€ pour la 3e catégorie… Heureusement, il y a des désistements parfaits, en l’occurrence parterre couloir central pair, pas loin devant la place de la veille, mais encore mieux positionné pour apprécier le violoncelle de Yo Yo dont je me souvenais bien qu’il portait assez peu — et je me demande ce que le public de l’arrière-scène, de côté et d’en haut a pu entendre… (D’ailleurs à l’entracte ma nouvelle voisine faisait du ninja par désespoir auditif)

J’ai été confusionné par le programme, et par l’enchaînement des premières pièces, qui avait deux Ave Maria de bout en bout, de telle sorte qu’arrivé à la fin, j’ai cru qu’on était à peine au début… En démêlant l’écoute, il y avait donc pour constituer cette "Arc of Life" Suite : l’Ave Maria de Bach arrangée par Charles Gounod, le « Was it a dream ? » (op. 37, n° 4) de Jean Sibelius que je n’ai pas vu passer, avant le Tango Jalousie de Jacob Gade que j’ai repéré, suivi du Claude Debussy, « Beau Soir », tout aussi court et qui m’a échappé avant le finale Ave Maria, mais cette fois-ci de Schubert (D. 839). Et c’était d’autant plus déséquilibré que j’ai cru à une sorte de pot pourri avant d’attaquer, après applaudissements, le vrai programme dans l’ordre, qui était en fait la Sonate pour violoncelle et piano op. 40 de Dmitri Chostakovitch, aussi longue si ce n’est plus que toutes les pièces précédentes ensembles. Paumé, vous dis-je, paumé…

Après l’entracte et le miracle de conservation de la place, c’était de nouveau une pièce courte très originale, suivie d’une longue grand classique du genre (quoique) : Giovanni Sollima, « Il bell'Antonio » (oui oui, d’après le film !) ; puis César Franck, Sonate pour violon et piano en La Majeur (transcription pour violoncelle et piano de Jules Delsart). Un grand plaisir, continué de trois rappels, parce que « il n’y a pas de Brexit » : Salut d’amour d’Elgar (très beau !), Cristal de Yo Yo Ma himself (ça explique l’originalité) et un magnifique cygne de St Saëns.