Le retour de Côte d’Ivoire a été calibré pour ne pas rater cette Passion : on ne rate jamais Jacobs, surtout pour une Saint-Matthieu. Mais Bach fut moins bien servi qu’à Berlin autrefois. Malgré une distribution prometteuse, le chef n’a pu que placer deux fois deux solistes en arrière-scène, et ce fut là la seule invention de cette session.

RIAS Kammerchor
Akademie für Alte Musik Berlin
René Jacobs, direction
Sunhae Im, soprano
Kristina Hammarström, alto
Benno Schachtner, alto
Julian Prégardien, ténor (Évangeliste)
Johannes Weisser, basse (Christ)
Anja Petersen, soprano
Minsub Hong, ténor
Jonathan de la Paz Zaens, basse

La Philharmonie est encore une fois décevante. Et l’acoustique depuis les places à 10€ — car mon binôme Hinata-chan est difficilement amovible et il faut bien que la salle se vide de beaucoup à l’entracte pour la faire bouger in extremis —, surtout pour Sunhae Im dont on connaît pourtant les qualités, est fort décevante. C’est mieux en se recentrant. Soyons clair : c’était une très belle passion, mais pas exceptionnelle, on a déjà eu mieux. Ma passionnée a trouvé que l’interprétation souffrait de lyrisme là où il faudrait, comme à l’habitude chez Jacobs, retenue. C’était peut-être ça. De très beaux moments, tout de même.