Macron, Macron, petit patapon ! Serait-ce le « geste fertile » que l’on attendait ? Un mec qui ne doit presque rien à personne, qui est globalement apprécié en tant qu’être humain, et qui arrive à faire la synthèse de la chèvre et le chou (en tant qu’INTP, j’approuve) tout en arrivant à ne pas se prononcer à la hâte et se rendre prisonnier de ses propres tractations et promesses, et à ne jamais rien dire de foncièrement idiot ? Certes il a la tête (et surtout l’équipe !) des jeunes arrogants premiers de la classe au bachotage, sans vraiment d’intelligence propre, souvent extravertis et dotés de capacités d’engrangement titanesques, ces beaux-amis-Rastignacs science-poteux qui composent une noblesse d’État abrasive pour le parquet. Mais après la succession de parfaits idiots dignes de la 3e République, quel soulagement d’avoir un cerveau — mais pas un intellectuel per se, certes, en a-t-on jamais eu au pouvoir ? Eh puis il a la hargne, et épouse sa prof de Français. On approuve.

Le problème, c’est qu’il y a une division de plus en plus forte du pays, peu importe les discours méthode Coué : la parfaite idiotie populaire prend des proportions intenses, aidée par la parfaite idiotie intellectuelle (surtout des gauchistes sociaux) qui ne savent pas faire la différence entre un certain libéralisme responsabilisant (mais avec toujours des gardes-fous, ce n’est pas Thatcher ou — pouvait-on le supposer — Fillon !) et les Nazis. Soupçonné de vouloir être à la botte du Grand Capital, qui sait-on jamais pourrait nous mener vers la croissance économique et user notre bon système soviétique pan-étatique tellement efficace et prometteur de jours heureux au chômage (ce que l'on appelle aussi : "accroitre les inégalités", car tout le monde ne serait alors plus joyeusement au fond du même trou), Macron est vomi par une partie de la population qui préfère le doux visage du fascisme, à la vacuité abyssale et la vulgarité impressionnante, représentant tout ce qui est honni à travers le même discours contradictoire (parlons corruption, tiens…).

Alors, je dirais que les temps sont troubles : tapis ? Une chance sur deux ? Si Le Pen passe, au moins la pulsion de mort sera exaucée — et ce sera sans moi, immédiatement. Si Macron passe, ce qui est plus probable, sauf si le nombre de crétins continue d’augmenter, pourra-t-il cependant faire quoi que ce soit (avec cette constante hypothèse qu’il veuille bien faire quelque chose, évidemment, mais je lui prête quelqu’honnêteté intellectuelle et morale) avec une population de tire-au-flancs qu’il faut entièrement ré-éduquer, tellement ils ont été lobotomisés pour entrer dans le modèle soviétique assisté ? La France, c’est le pays où tu vis jusqu’à 83 ans, mais où à partir de 50 ans tu ne peux plus rien apprendre, et tu n’es plus embauchable car trop proche de la retraite 10 ou 15 ans plus tard — ce qui d’une part assure 20 années devant soit à être improductif d’une part, avec un ratio hallucinant de un vieux à charge pour deux employés en activité, et d’autre part laisse dubitatif sur la notion « négligeable » de ce que représente dix années d’activité, c’est-à-dire mon expérience professionnelle actuelle (deux emplois d’ingénieur cadre, un livre, deux sociétés, on peut en faire des choses !), alors même qu’une entreprise standard ne voit pas à plus de trois mois devant elle quand elle a de la chance (mais « entreprise », en France, ça veut dire machin-étatique-obèse géré par une oligarchie unique au monde — sauf là où je suis actuellement, au Kazakhstan, peut-être…). La vérité, c'est que bossouiller 35h/semaine avec pléthore de vacances, ça convient finalement très bien à tous les employés du CAC40 et les fonctionnaires qui crachent à moitié dans la soupe quand ça les arrange. Et c'est toujours à quelqu'un d'autre de payer, évidemment. Le vrai problème sur les-grands-patrons-qui-s'en-mettent-plein-les-fouilles, c'est la corruption, et ça tout le monde s'en fout (tiens, au Kazakhstan, Fillon fait 60%. Ils ont bien pris encore plus le pli !).

Bref, au moins avec Macron on sera fixé : si rien ne change, c’est que définitivement le pays était bel et bien en phase terminale. Parfois, il faut reconnaître qu’il n’y a plus rien à faire, et débrancher. Allez, achetons cinq années d’espoir, au moins…