Pour une fois, le replacement s’est fait côté impair, car il y avait du piano : Concerto pour piano n°2 de Chopin (donc le premier, parce que it’s complicated). C’était là le début d’un orchestre de Paris en forme sous la baguette du fort aimé Jukka-Pekka Saraste. Et derrière le clavier, le fort jeune mais néanmoins talentueux et impressionnant Jan Lisiecki, étoile définitivement montante, enfonçant le clou avec une longue nocturne passionnée en rappel.

Après l’entracte, justifiant la prise de distance en seconde moitié de parterre, la tonnutriante Symphonie n° 8 de Dmitri Chostakovitch, sans Lola (toujours l’ersatz made in China pour la remplacer), ce qui est de plus en plus inquiétant, alors que les pouvoirs publics ne s’en préoccupent pas, que le peuple y est aussi indifférent que la montée du fascisme, et que ni l’orchestre de Paris ni le Ministère de la Culture ne daignent ne serait-ce que convoquer une conférence de presse pour nous expliquer en détail les raisons de cette disparition. En attendant, la symphonie était fort bonne, pour compenser cette immense perte.