Retour de la suite du passé d’Alien, dont le mystère s’éclaircit pour un certain déplaisir, parce qu’un mythe c’est aussi le mystère ; mais qu’après tout, on veut savoir, aussi. Et puis dans l’art aussi de faire du neuf à partir du vieux — l’alpha et l’oméga du récit — notre Ridley Scott fait de larges références explicites pour qui n’est pas inculte (un gros problème en soi, notons) à la décadence divine du créateur (via Wagner) et à la création un peu aléatoire de créatures (Frankenstein). Certes. Un humanoïde (création humaine originelle de la perte) sous forme janusienne avec un double Michael Fassbender, et toujours comme à l’acoutumée, un personnage féminin fort, ici la toujours sublimement british Katherine Waterston.

Les images, quelles images… Et puis c’est stressant comme avant, aussi. Ça saigne bien, mais pas que, ça le fait bien. Alors on a des ingrédients, mais un alibi mal né (cette manie moderne hyper-explicative, une culpabilité scientifique ? Une obsession d’un Ridley Scott très vieillissant métaphysiquant sur la mort donc la vie ?) qui entraîne quelques péchés textuels un peu trop basiques pour totalement satisfaire l’appétit. Malgré une assumée reprise mythologique, qui part probablement un peu trop dans tous les sens, on regrette quand même les anciens…