Nolan change de registre, avec de l’historique et le rembarquement compliqué des troupes anglaises sur les plages de « Dunkerque » (Dunkerk in VO), post-déroute face aux germains au début de la seconde guerre mondiale. Il garde cependant la musique haletante aux cuivres et les prises de vue embarquées de Batman. Quand les avions allemand piquent, on tremble fortement. Carnage au programme, on est plus que stressé par le taux de mortalité élevé et aléatoire. En 1h40 de film, on a le temps de stresser, et on en mène pas large. En suivant quelques personnages clés, tantôt jeune chair à canon, aviateur, commandant gentil organisateur du bordel ou héros de l’extraordinaire sur les flots, on participe du côté anglais à un effort de guerre qu’on est bien heureux de ne vivre qu’au cinéma. J’ai cru voir passer quelque critique un peu énervée ou déçue sur le net, mais j’avoue avoir assez peu envie de m’y pencher dessus, car ce film est avant tout une expérience intérieure d’une situation de guerre particulièrement stressante — avant même de retracer un épisode historique héroïque —, et de ce point de vue, c’est fort réussi.