« Valerian et la Cité des mille planète » a occulté Laureline du titre pour mieux la faire paraître sur l’affiche : car Luc Besson a mis la main sur Cara Delevingne, pour remplacer Milla Jovovich, et il faut bien avouer que ça claque plus que le Dane DeHaan à jeune tête (pour 31 ans), rescapé bouffon vert du Amazing Spiderman 2, et certes meilleur acteur (les mauvaises langues le disent cependant tout aussi épouvantable). D’ailleurs Clive Owen, embarqué on ne sait comment dans l’aventure, fait office de figure paternelle un peu étrange… Heureusement, les relations Valérian-Laureline (aucune idée de si ça retrace la BD originelle dont je n’ai pas forcément grand chose à faire…) sont très second-degré dans la séduction débridée de la donzelle récalcitrante à sale caractère. Je trouve que c’est plutôt sur la fin qui donne dans le sentimental-mielleux qu’on se perd totalement (et c’est en contradiction avec le caractère des personnages — et leur registre de jeu certes fort limité dans le sentiment).

Le problème Besson, c’est qu’il est devenu une caricature de lui-même au fil du temps, en tournant encore et toujours le même film. Même lorsque Rihanna débarque, c’est pour un moment de show incongru qui ressemble fortement à un mix de la femme en bleu du 5ème élément et de la série de déguisements de Natalie Portman dans Léon. Les bataillons armés jusqu’aux dents tournés en ridicule, les mercenaires, les grands-chefs, on va retrouver tout le bingo bessonien de A à Z. Heureusement, c’est loin d’être aussi mauvais que Lucy — qui péchait avant tout par son message pseudo-philosophique enflé. Mais même à grands renforts d’effets spéciaux made in ILM et autres, faisant exploser la facture (200 millions, record français), et malgré des complications extravagantes de l’environnement scénaristique (qui patauge régulièrement), on est devant le grand calme plat du pop corn, en contradiction avec les efforts d’Alexandre Desplat à la baguette. On ne se fait pas chier, c’est ludique, mais on ne palpite pas non plus. C’est trop réchauffé, je crois. Ça ne marche pas. Alors on passe un bon moment, et comme c’est l’été, qu’on nous fait espérer que Cara est hétéro, qu’il y a des personnages attachants (la moitié du cast étant débauché d’Avatar ?) et qu’on n’en demande pas trop, ça passe