La trilogie de Monteverdi en trois jours : quelle excellente idée de la Philharmonie de Paris et de Gardiner ! Tout comme l’accueil en musique dans le hall, avec trompettes et tambourins. Coup de malchance : je n’avais pas pris de place à cette première session à cause d’une mauvaise interprétation de mon agenda. Coup de chance : l’ami berlinois se trouve une invitation, revend sa place, et finalement me trouve aussi une autre invitation ; me voilà au premier balcon, premiers rangs, bien centré. Coup de malchance : ma voisine débarque claudiquante (aussi une invitée), trébuche et tombe dans l’espace entre le siège de devant et le maigre espace pour circuler, s’écroule sur moi, et il faut bien du temps pour arriver à la décoincer (sans aucune aide d’un quelconque responsable de la salle, le dirlo ne comprenant pas mon appel, les ouvreurs étant d’une inefficacité remarquable). Coup de grâce : la voisine en question commence par respirer de plus en difficilement, faisant sentir quelques relents alcoolisés, puis tousse, s’étouffe, renifle, etc. Descente aux enfers bien synchrone avec celle d’Orphée.

L’Orfeo est fort prisé : salle blindée. Sans entracte mais avec un petit précipité trop imprévisible pour tenter un replacement, commençant à 19h30 comme les autres épisodes beaucoup plus long, le début de l’interprétation par l’orchestre du Monteverdi Choir (avec son English Baroque Soloists) était certes un peu long et surchargé, mais bien valorisé par la mise en espace. Et notamment par Hana Blažíková, qui dans le rôle de Musica, pour la première fois que je vois cela, jouait réellement de la lyre en chantant. Cette soprano, beauté préraphaëlite de 36 ans (3 ans et un jour de plus que moi), était une vraie révélation. On descendrait aux Enfers pour elle, c’est très crédible. Formidable.

Le flower power sur scène faisant son effet, la chose s’installe bien et notre Orphée Krystian Adam va jusqu’au magnifique sur la fin. On retient aussi l’impressionnant Charron de Gianluca Buratto. Au final un bien belle prestation, surtout gâché par ma voisine d’infortune : qu’il est dur de perdre son Euridice !