Mother! est le dernier ratage en règle de Darren Aronofsky, réalisateur qui est toujours sur la corde raide. Il nous sort une tarte à la crème de l’horreur, où la seule originalité est de changer l’usuelle solitude effrayante par un cauchemar de l’extraversion (invasion des nuisibles humains), surtout pour une IJ (une introverti qui range tout, vs le monde qui met la panique). Mais les problèmes s’accumulent : rapidement, plus rien n’est cohérent ; on devine du symbolisme biblique franchement lourdingue ; on multiplie les pistes qui ne mènent à rien (ça m’a fait penser aux bêtises lassantes de Lost), comme la maison organique qui saigne, très à l’image de la nature hostile de The Fountain, qu’on finit par classer dans les symboles ratés.

Ça commence comme Fenêtre sur Pacifique (avec le couple-incruste-pervers Ed Harris/Michelle Pfeiffer), avant de bifurquer vers le thriller psychologique. Mais le comportement incohérent du personnage de Javier Barden commence à faire vaciller dangereusement la crédibilité déjà entamée de l’œuvre. Dès que le nawak est consommé et vire au fantastique débridé, on perd totalement pied, de sorte qu’on ne croit plus en rien, et que ça ne marche plus du tout. Même plus les ambiguïtés de l’hallucination comme dans Black Swan, même plus les techniques d’étouffement par gros plans de Jennifer Lawrence, qui certes donne une très belle performance, et porte le film quasiment à elle toute seule par son interprétation. Mais ce conte métaphysique à deux sous qu’on voit venir d’assez loin sombre dans l’échec.

Mit souris.