« Le sens de la fête » est un très bon film sur… l’entrepreneuriat — le management plus généralement. Cela a manifestement échappé à beaucoup de monde qui n’est pas chef d’entreprise. Pourtant, pour ceux-là, il est facile de s’identifier au personnage incarné par Jean-Pierre Bacri, qui a chaque nouvelle mission avec des clients parfois (souvent !) bien farfelus risque sa tête, qui dépend elle-même d’une myriade de bras cassés, heureusement au grand coeur. Il suffit d’un mauvais enchaînement de circonstance, par exemple à la suite d’un quiproquo de nouvelles technologies mal maîtrisées, et un petit incident commence à tirer la pelote des emmerdes qui volent en escadrille. Quand on est chef d’entreprise, on doit compter sur tout le monde, mais surtout sur soi. À la fin, il faut être de tous les fronts, et notamment face au client. Benjamin Lavernhe, le marié, est un parfois miroir : il est exigent, il zappe, il micro-manage, il a de hautes attentes et ne laisse rien passer. Et pourtant, parfois, il faut laisser un peu aller, et c’est là où va se nicher, si on a bien fait son travail en amont, un moment de poésie philanthropique. Et quand du désastre on est sauvé de justesse par un miracle qui relève autant de la chance que du talent et du travail… on recommence à peine plus tard.

Le film de Eric Toledano et Olivier Nakache est un drame comique, en une journée, où se joue la vie et la mort (symbolique) : on rit de bon coeur et souvent jaune ou nerveusement, c’est acerbe mais bienveillant, et c’est un talent très anglais qui est ici mis en branle, aidé par une troupe d’acteurs brillants (en plus : Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Vincent Macaigne, Alban Ivanov, Eye Haidara, Suzanne Clément et la très très jolie Judith Chemla qu’on aimerait tous marier). Hautement recommandable, qu’on soit entrepreneur ou non.