Le problème avec Hong Kong, c'est le retour. C'est vrai qu'il y a des trucs surprenants, là-bas, qui me font penser que Singapour est une tête devant. Mais c'est tellement bien... Tellement en avance. Tellement sans soucis... Mais je comprends ce que les autres envient aux Français. Nos vieilles pierres, notre territoire. Seulement, ils ne se rendent pas compte de la galère quotidienne. On a un peu le même réflexe vis-à-vis des Italiens — mais eux ne sont clairement pas visibles, mis à part pour la nourriture, alors que la France a une image glamour de dingue, partout, sauf que ce n'est qu'une image...

Tous les expatriés que j'ai vu sont non seulement ravis, mais ne veulent plus bouger. Certains y sont depuis dix ans. Ils gardent au mieux un lien ténu (travailler pour une institution française, mettre ses gosses au lycée français), mais la plupart ne reviennent même plus pour les vacances (même si l'avion Air France, pour Noël, était blindé d'expatriés fort bourgeois avec famille, sur des sièges aux prix assassins). À un moment, l'un d'eux me parle de la pauvreté présente à HK. Comment dire : il y avait deux mendiants en tout en cinq jours, dont un qui avait l'air d'un hippie égaré. Retour à Paris : on se croirait à SF (sauf qu'à SF, c'est concentré, là c'est partout, et dans le métro, ça devient impossible...). Bref, la redistribution, ça a l'air de bien mieux marcher à HK avec l'IS à 18% (sur les flux intérieurs : sur l'export, c'est 0), l'IR (pas compris le montant) et puis c'est tout (0 sur les bénéfices, 0 sur les plus-values de revente, etc., et évidemment pas de TVA). Ça mériterait de faire une simulation pour voir si l'IS à 18% permet de récupérer la TVA à 0, puisque les prix sont identiques (donc les 20% de TVA de chez nous sont captés par les entreprises, ce qui augmente les bénéfices — mais a priori ça ne marcherait bien que sur les services, à haute valeur ajoutée, à volume équivalent).

Avec des routes et autres infrastructures impeccables, des toilettes publiques hyper propres partout, un système de transports en commun nickel et au prix totalement dérisoire, j'ose croire que manifestement, ça va bien (et il me semble qu'ils n'ont pas l'endettement de dingue de Singapour). Le seul problème est que pour maintenir la population, il y a un accroissement très clair des Chinois, qui font clairement baisser le niveau de civilisation. Le rhume attrapé à force de me faire cracher dessus dans le métro est là pour le prouver. C'est clairement sensible. Bref, pour sauver HK, il faut de l'immigration européenne. Présent !