The Dream of Gerontius est clairement un Edward Elgar que je ne connaissais point alors que j’apprécie énormément ce compositeur, et qu’il semble que cette oeuvre est vénérée outre manche. En France, elle n’aurait pas été donnée depuis… 1904. On est souvent surpris par l’épaisseur de la Manche. Mais même l’importé Daniel Harding ne l’avait jamais dirigé. Tout cela justifiait donc une diffusion en live, mais seulement de la rediffusion du 22 décembre. Pas de bol, c’était celle où nous étions. Et donc, comme trop souvent, la captation faisait un bruit de dingue : le travelling incessant (mais pourquoi ??) en fond de parterre générait un bruit aigu qu’évidemment les deux personnes à la manoeuvre, casque sur les oreilles, n’entendaient point. Voilà de quoi rendre fou.

Heureusement, il y avait THE distrib : ma bienaimée (mais qui commence à accuser les années) Magdalena Kožená, Andrew Staples (ténor) et John Relyea (basse). Il ne manquait toujours que Lola dans l’Orchestre de Paris au grand incomplet — on attend toujours un communiqué du Ministère de la Culture qui décidément ne sert à rien… (Apparemment, elle quitte son immense baraque en janvier, a commencé à bosser à Francfort et à Aix, je comprends rien, mis à part qu’elle n’est plus à Paris — elle nous fait une mathildite, c’était évident que ça allait arriver, des filles comme ça, ça bouge, ça crée, ça fait 36.000 trucs, c’est la génialité…)

Revenons-en à Géronte. C’est pas vraiment qu’il rêve : c’est qu’il divague pendant deux heures avant de mourir — d’ailleurs, on ne sait pas trop bien situer à quel moment il meurt. Le choeur, les solistes, le texte qui se laisse aller comme dans un tableau flamand (le passage sur les saints !), c’est vraiment quelque chose, cet étrange monument musical !