« Maria by Callas », c’est Fanny Ardant pour lire quelques lettres, Tom Volf pour tout faire, et des documents (dont quelques témoignages) exclusivement centrés sur Maria Callas. La diva Callas (malgré elle, promis) qui raconte Maria, la femme — à la vie qu’on sent un poil compliquée, quand même, et en tout cas éternellement frustrée. Garantie 100% INFJ ? Perfectionniste dans son travail et très bosseuse, aimant fort peu les approximations (y compris chez les autres, qui devraient savoir à quoi s’en tenir), elle suit d’abord les instructions maternelles, elle fait un mariage qui se révèle assez peu heureux, puis se trouve un ami-amant-goujat milliardaire, Onassis, qui la laisse tomber au bout de dix ans avant de la reconquérir — mais elle sait alors que le Prince charmant n’existera jamais.

Elle, elle aurait voulu être mère de famille au foyer, grosso modo. Étrange fantasme sur ce qu’elle n’a jamais été, au fond. On sent la psychologie peu stable, jamais satisfaite, à la fois attachante mais qu’on devine pas forcément facile à vivre — cependant pas une diva égocentrique mégalomane comme les imbuvables (on a quelques noms, dans le milieu) : elle est trop introvertie pour ça. On sent le conflit entre la personne publique (Callas) et la vraie Maria qui se cache, qui s’échappe. Le monde public est particulièrement ingrat avec elle (les journalistes créent une image impropre, et le monde musical est parfois bien trop ingrat), alors que les fans lui vouent un culte quasi-sourd. Et pourtant, c’est une légende. Personnellement, je n’ai pas tout de suite apprécié sa tessiture. Mais les extraits fabuleux passés tout le long des presque deux heures de documentaire (liste impressionnante au générique) confirment que je suis à présent tout à fait conquis.

Un documentaire bien troussé, respectueux (trop ? On ne parle pas trop de sa voix perdue, sur la fin…), un hommage pour les 40 ans de la mort (probablement médicamentée, mais on s’en tiendra à « crise cardiaque », après tout c’est même mystérieux post-mortem) de ce qui incarne la référence des artistes-interprètes, certainement parce qu’elle avait cette capacité innée de générer des passions, si ce n’est des mythes.