« Vers la lumière » (Hikari) est le dernier film de Naomi Kawase, dont on avait récemment beaucoup apprécié les Délices de Tokyo. Et puis la bande-annonce présageait de quelque chose de beau. La toile de fond est originale : l’audio-description, et plus précisément le processus de mise au point autour d’un film qui se met lui-même en abyme de celui que l’on voit. Le personnage principal, par la très jeune, jolie et polie Ayame Misaki (qui a manifestement commencé sa carrière encore plus jeune par des photos très dénudées, ce qui la rend encore plus formidable), aime les descriptions du monde qui l’entoure. Elle s’approprie ainsi le temps et l’appréhension du réel, d’une manière généralement très positive. Elle entre ainsi en conflit avec le taciturne Masatoshi Nagase, qui finit de perdre la vue après avoir été photographe ; ils ne trouvent pas la même perception des choses (la cécité n’étant finalement qu’une explication partielle ?).

Naomi Kawase emboîte les réflexions, très allégoriques, sur la disparition des choses, sur les philosophies de vie, sur ce qui unit aussi. Car c’est une romance, qui se noue, entre ces êtres qui vont peu à peu se comprendre, et arriver à un sensible compromis, qui va leur permettre tout deux de grandir, de surpasser leurs états. Un film très sensible, donc, mélancolique (sur la musique d’Ibrahim Maalouf au piano très nymanien) malgré son propos finalement optimiste. Certains critiques reprochent à l’oeuvre d’être trop intellectualisante et en dessous des précédentes réalisations de Naomi Kawase : c’est fort étrange ! Évidemment que le trait est forcé, mais que diable, pourquoi bouder quand c’est simplement beau, émouvant et intelligent ?