Une soirée de poèmes symphoniques et de Lieder poétiques à la Philharmonie, sous les doigts délicats de Valery Gergiev, et par l’orchestre du Münchner Philharmoniker. Le peuple parisien est au rendez-vous : pas facile pour les ninjas de se faire un trou. Finalement, ce sera de côté, au parterre. Ce qui a eu deux impacts : d’une part l’acoustique est ingrate avec Anja Harteros sur les côtés de la salle ; d’autre part j’ai hérité de jeunes voisins de devant type 16ème BCBG absolument intenables (bavardages, coupes de champagne post-entracte…), sans compter un autre plus devant encore avec son smartphone — bref, la racaille des beaux quartiers.

Mais avant le chant, il y avait comme belle entrée une Francesca da Rimini que j’ai régulièrement dans la tête depuis plusieurs mois — mais j’hésitais pourtant à la rattacher à Tchaïkovski (bug du cerveau) : le livret nous dit qu’effectivement, ça emprunte à droite à gauche, notamment clairement chez Wagner. Après un début bordélique (dantesque ?) vient le fameux thème, dans une interprétation envolée.

Et c’est la fabuleuse Anja dans Wagner qui nous gratifie d’un superbe Wesendonck Lieder, avec un coffre impressionnant, quoique terni sur les côtés quand elle tourne à peine la tête — mais clairement, ce n’est pas de sa faute. Un grand moment musical. Après l’entracte, on termine par un classique Strauss orchestral, Une vie de héros (Ein Heldenleben), poème symphonique qui souffre d’être trop connu ou joué, je trouve, mais qui cette fois avait un très beau souffle épique. Bref, la rediffusion, à ce niveau de qualité, n’était pas inutile. Aucun rappel en fin de concert, assez étrangement.