Steven Spielberg réalise encore des films. Voilà le fort bon Pentagon papers, qui retrace l’histoire (avec grand H) d’un lanceur d’alerte sur le Vietnam, ayant sorti des documents confidentiels qui vont changer le cours de la guerre en réveillant enfin la population (quand on pense à la guerre en Irak pour des armes fantômes, on se dit quand même que le peuple américain, dans son optimisme niais usuel, est quand même très facile à embobiner…). Mais il le fait à travers le travail journalistique. Et plus original encore : celui des seconds. Les premiers sur le coup, c’est le NY Times, toujours naturellement véhément. Le Washington Post est en revanche un papier local de rombière (Meryl Streep), qui hésite entre le très classique léchage de botte et une ligne plus agressive — celle de Tom Hanks, qui en a eu marre d’être le larbin des politiques. Il y a le moment clé. Le choix décisif. La charnière, qui a fait du Post le Post. Et du journalisme un véritable quatrième pouvoir. Il existe toujours un peu, ce journalisme, noyé dans la médiocrité journaleuse bas-de-gamme. Peut-être qu’on mesure moins les enjeux et les risques encourus, quarante ans plus tard, même si on comprend que Nixon était un con fini dangereux (tiens donc… Rebelote ?). Spielberg rajoute une épaisse couche de féminisme (pas si facile d’être héritière). Mais le tout tient bien la route. Du cinéma d’investigation.