« Oh Lucy! » est le seul film référencé d’Atsuko Hirayanagi. Et il fallait certainement une réalisatrice pour porter ce regard sur trois femmes aimantées par la génétiques malgré elles, avec au centre un homme qui en cache un autre (deux, même). Shinobu Terajima incarne la Japonaise type, triste, dans le carcan des codes sociaux régentés autour d’un travail de bureau classique, pour rejoindre un minuscule appartement encombré. Mais dans les bras impromptus de Josh Hartnett (qu’on ne voit pas assez au ciné), improbable prof d’Anglais aux méthodes spéciales, Setsuko devient Lucy, et Lucy lui plaît bien. Mais ce n’était que sa nièce, la très, très mignonne Shioli Kutsuna, qui lui tendait un piège — une pure ENFP border line, celle-là, attention danger. L’action bascule alors en poursuite de chimère en Californie, et se joue un triangle familial avec la grande soeur (Kaho Minami), à la psychologie radicalement différente (du J vs P), et avec laquelle un abcès n’a toujours pas été crevé depuis très longtemps — un homme, encore. Alors que la solution pouvait se trouver dès le début dans le 2e improbable élève d’anglais (Koji Yakusho), lui aussi transformé à un âge bien mûr. Naïce too meet you. En fond du film, le thème du suicide revient régulièrement, alors qu’on rit bien, parfois gêné par le comportement de ces personnages formatés à la dérive. Je crois qu’Atsuko Hirayanagi est arrivée à croquer le malaise japonais dans toute son ambiguïté, et qu’il faut probablement y être allé pour bien comprendre.