Un Rheingold à la Philharmonie, ou le stress test d’une salle. Ne prenons pas de risque : replacement de face, un peu vers le fond, avec Notung à gauche et Hinata-chan à droite (qui a décidé de faire des découvertes ; la sagesse guette), ce qui constitue donc l’armement le plus redoutable du guerrier pour attaquer quelques heures de filles du Rhin désargentées (enfin, dédorées ?). Valery Gergiev à la direction du Mariinsky, on s’attend déjà à ce que ça dépote — on ne sera pas déçu. Et un casting sinon que je ne connaissais point. Dans l’ordre de préférence : Oxana Shylova en Freia très puissante et claire (dommage que ce ne soit qu’un second rôle !) ; Andrei Popov le super Mime (qui intervient peu dans cet épisode, mais le seul à tout jouer, sans partition sous les yeux) ; Yuri Vorobiev, un Wotan très bien dans le rôle (malgré un look un peu inattendu) ; Roman Burdenko et Mikhail Vekua, Alberich & Loge, top ; Anna Kiknadze pour Fricka, qui assure le rôle. Mikhail Petrenko et Vadim Kravets sont les Faffner et Fasolt de service, qui grondent fort bien. Les germanophones ont apparemment parfois souffert le yaourt — même si le Ring, c’est de l’allemand qui sent la fermentation, dans l’absolu.

Trois heures sans bouger à la philhar, c’est aussi risquer le syndrome classe éco. Comme quoi, ils auraient dû mieux écouter Wagner : les partenariats public-privé finissent mal, en général.