Plôme ! Et voilà, un (que dis-je, deux !) diplôme de plus. Mon EMBA. La lutte a payé — pas vraiment monétairement, mais au moins de ce côté, ça ne m’aura virtuellement rien coûté, ou plus exactement j’aurai largement récupéré le sur-payé des taux de prélèvements confiscatoires français.

Il y a la remise en même en propre, son décorum, so kitsch, son staff adorable et efficace, mes nouveaux camarades que j’ai eu très grand plaisir à revoir, bref, tout ce qu’il faut. Il faut maintenant le next step, mais c’est là où l’on se rend compte que ce n’était quand même pas si léger que ça, cette histoire : il faut un temps de récupération, ne serait-ce que pour écluser le retard pris sur les affaires courantes. Certains diplômés des années précédentes se sont ensuite senti pousser des ailes. Je pense qu’il en effet facile de se laisser griser quand on est dans un environnement un peu inculte qui ronronne sur des routines traditionnelles peu optimales, construites avec le temps un peu de travers, que personne ne penserait questionner. Mais pour quelqu’un qui doit être partout et tout bâtir à main nu, l’aide est très bienvenue mais toujours largement insuffisante. Le brouillard persiste, même quand on a une boussole — il manque la carte à explorer, en somme. Ça oblige à une grande humilité. Les entrepreneurs qui eux aussi ont pris la grosse tête ne doivent plus s’en souvenir, ou sont tout simplement de l’obédience trop courante des pervers narcissiques ou assimilés à forte aura — et je penche plutôt pour la 2e solution, car j’ai bien peur que la purée de pois ne soit consubstantielle à la vie entrepreneuriale quotidienne. Bref, ma vie n’a pas changé outre mesure. J’ai mis des mots sur ce que je présentais déjà, j’ai eu des clés pour des portes que je voyais ou pas, mais où j’avais déjà l’intuition de ce qui se trouvait derrière — mis à part quelques exceptions. Nécessaire, largement pas suffisant. La route est encore longue.