J’avais gardé un souvenir intense mais diffus de Elias de Felix Mendelssohn. Intense au point de retarder d’un jour mon arrivée à Nantes, et devoir prendre le train du samedi matin fort tôt. Diffus car je ne savais plus où et quand c’était : TCE, janvier 2009. Quand même.

Autant dire que quand c’est aussi peu donné, il ne faut pas faire comme le public parisien relativement absent (arrière-scène de la Philharmonie vide !). Elias, c’est un gros choeur (en l’occurrence RIAS Kammerchor), plus le gros coeur de Matthias Goerne, baryton, dieu, pardon, prophète. Le Freiburger Barockorchester sous la baguette de Pablo Heras-Casado est simplement superbe, et les trois autres rôles-titres-tournants, Sophie Karthäuser (soprano), Marianne Beate Kielland (alto) et Sebastian Kohlhepp (ténor) parfaits de bout en bout.

Une très grande oeuvre, pour une très grande interprétation. Ça terminait malheureusement extrêmement tard dans ce trou paumé de Paris où s’est crashé le vaisseau spatial philharmonique, et je n’ai pu applaudir autant que ça le méritait. À savoir énormément.