L'orchestre de Paris avait prévu un programme de toute beauté alliant du Zemlinsky à du Schoenberg. Et plus encore : la nuit transfigurée répondait à la première œuvre, Le Muguet fleurissait partout, qui partage le même poète comme inspirateur. Chez Zemlinsky, on chante du pessimisme, avec Aga Mikolaj, avant d'embrayer sur du plus optimiste (quoique tout aussi romantico-mélancolique ?) chez Schoenberg, en version orchestrale. Le chef James Conlon nous avait debriefé dessus en début de concert : c'est rare de donner ce duo-là. Il faut dire que la salle était bien vide...

Tout cela était déjà bien superbe, mais il fallait compter sur la symphonie lyrique op18 du même Zemlinsky pour atteindre le sublimissime, en complétant la soprano Mikolaj par le baryton extrêmement puissant et ultra-précis dans sa diction Christopher Maltman. Incroyable. Sensationnel – surtout depuis les premiers rangs du parterre ! Quelle soirée. Le public était peut-être peu nombreux, mais c'était le meilleur, et il a compensé par force applaudissements.