Mon Macbook est ressuscité ! Allelujah ! Bon, totalement amnésique. Quelle misère… L’occasion d’apprendre que les données ne sont décidément pas dans la matrice juridique actuelle : même quand il serait possible de les récupérer physiquement, légalement on ne peut exiger le retour du support lors de la réparation ! Et l’expertise pourrait bien détruire le matériel mal agencé pour ledit recouvrement, ce qui… ferait sauter la garantie d’une machine pourtant reconnue comme bien défaillante. C’est de la folie. Comme si l’on achetait un ordinateur pour le plaisir de l’engin électronique, et non par rapport aux données contenues. Un total non-sens, dans une civilisation âgée qui peine à comprendre le fond des choses — cela m’a rappelé une anecdote sur les ingénieurs chargés de reconstituer « l’électronique » d’une voiture crashée de manière « inexplicable » (un bug, évidemment ; ils n’avaient donc rien trouvé de suspect, et personne n’était allé voir le code). Il y a encore du chemin à parcourir…

Et en même temps, j’avais fait une sorte d’accord avec moi-même sur la perte potentielle de ces données — essentiellement des films qui n’étaient pas sur mon Time Machine (coup de bol, mon remplacement récent par un NAS Synology ayant marché, ce que je ne pouvais savoir avec certitude en étant au Canada), car trop gros à sauver et lents à restorer. Il n’empêche qu’il a fallu parcourir toute la courbe de deuil, et qu’en deux ans j’avais emmagasiné des perles qu’il faudra des années à retrouver… Cette perte immatérielle subie, pour quelqu’un de très perceptif qui collectionne jusqu’à l’absurde, archive sur des temps très long, stocke encore et encore, accumule patiemment mais utilise finalement peu (en comparaison), est peut-être aussi un petit sel de la vie, un nettoyage printanier et un momento mori, une relativisation des choses importantes. Mais faudrait pas que ça se reproduise trop souvent non plus…