Le dernier Christophe Honoré, « Plaire, aimer et courir vite », retrace les années 1990 où homosexualité rimait avec Sida, mais avec une approche radicalement différente du récent « 120 battements par minute » (l’allusion rapide à Act Up par le personnage principal n’étant pas très tendre), se rapprochant plus de l’autre récent roman d’apprentissage « Call me by your name ». Nous avons trois âges : Pierre Deladonchamps joue un écrivain trentenaire que l’on apprend assez tardivement (spoiler !) comme devant courir assez vite si après avoir plu au jeune breton bisexuel Vincent Lacoste, il veut pouvoir aimer correctement. Denis Podalydès est le voisin tout aussi gay et plus âgé, qui est quelque part lui aussi une figure sage, érudite mais néanmoins libidineuse (et hébéphile) que l’on rencontre souvent dans ce milieu — un autre aspect avec les fameux et disparues rues/voies de berge/fourrés où ça baisait comme des lapins, ce que l’on n’avait aperçu jusqu’à présent que dans « Saint-Laurent », il me semble.

Honoré est vraiment particulièrement bon dans le sentiment. Apparemment, ça ennuie une partie du public, tandis que la critique parisienne, plus sensible au genre, est ravie. Nous aussi.