Le Royal Concertgebouw Orchestra assure toujours d’excellents concerts. Avec Daniele Gatti à la direction, ça ne peut jamais trop être mauvais. On commence par… un discours. Personne de malade : juste pour annoncer (comme indiqué dans le mini-programme) que dans l’orchestre se cachent de jeunes musiciens agrégés, et qu’ils vont donc participer à la courte Ouverture d'Euryanthe de Carl Maria von Weber. L’orchestre fait cela tout le long de sa tournée européenne, dans chaque ville. C’est mignon tout plein — l’ouverture aussi. Ça explique aussi au passage la réservation de places au parterre interdites aux ninjas.

La première pièce d’importance est ensuite le Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev, interprété par un Daniil Trifonov splendide. Forcément extrêmement applaudi, il remet le couvert (ce qui n’est point aisé après la bravoure que nécessite le Proko d’avant), avec une Sonate n°3 de Bach. Et je pense bien qu’il comptait s’arrêter là, mais quand on est trop bon, on est trop sollicité, et on doit bien ne pas décevoir le public bien chauffé. Alors il joue le génial Sarcasm op.17, aussi de Prokofiev, et c’est là très malin de sa part, surtout qu’il interprète cela avec sarcasme, si l’on peut dire. Les applaudissements ne le rappelleront plus. Repos du guerrier.

Après l’entracte, la grande oeuvre : Gustav Mahler, Symphonie n° 1 "Titan". Sublimissime.