Étrangement, « Orfeo ed Euridice » de Gluck, un de mes opéras préférés qui a même été une sorte de déclencheur (version française du Châtelet, von Otter/Kozená), est peu donné à Paris. Il était passé en version dansante en allemand ; il ne passe quasiment jamais en français. Cette fois, c’était donc en italien, au TCE, pour un coût prohibitif (145€ la 1ère catégorie, et même les places à 10€ étaient à 15€ !), alors que ça ne dure que 1h30. Mais la salle était pleine, à l’exception de deux sièges qui ont permis un replacement splendide (mais peu confortable, faut pas abuser non plus) au premier rang du second balcon, plutôt de face.

Pour une fois, la mise en scène, plutôt simple, était bien fichue et esthétique. Est-ce donc étrange que de découvrir que cela est dû à Robert Carsen ? C’était plutôt du côté de l’orchestre que se trouvait le point faible de la production, avec l’ensemble I Barocchisti sur instruments anciens qui était parfois à la limite du faux, sous la direction de Diego Fasolis qui m’a parfois un peu surpris — mais dans l’ensemble, j’aurais quasiment fait pareil. En revanche, sur la scène, c’était parfait. Même si au début, un contre-alto comme Orfeo m’a surpris, mais on s’habitue vite à Philippe Jaroussky qui joue le rôle à la perfection. Après avoir rencontré Emőke Baráth (Amore), il peut aller chercher aux enfers sa chieuse de service, heu, son amour absolu, Patricia Petibon (méconnaissable). Formidables interprètes, pour un excellent trio supporté par le beau Chœur de Radio France.

Verdict final : très beau. Encore !