« Solo: A Star Wars Story » est le 2e épisode intermédiaire et intercalaire : c’est donc le numéro 3.5, si l’on admet que Rogue était 3.25. Il a été quelque peu descendu par la critique, et il a rapidement été relégué dans de plus petites salles. Peut-être parce que tout cela préparait à du modérément raté, j’ai été plutôt agréablement surpris. Et de « pas si pire », je dirais même : franchement bon ! À se demander, en fait, si les critiques s’attendent toujours à des fantasmes projetés. Entretenir un mythe, c’est compliqué. Et pourtant, il y avait Lawrence Kasdan au scénario, celui des épisodes 5 et 6 (et même de retour sur le 8, avais-je remarqué ?), avec ce qui semble être sa progéniture, Jonathan Kasdan (qui côté étoiles s’est déjà fait la main sur quelques Stargate, dans le passé). Et même à la réalisation, c’est Ron Howard : quand même pas le premier venu…

Côté acteurs, on fait le plein côté new faces (à l’exception de Woody Harrelson en Tobias Beckett — le père symbolique à tuer —, et Paul Bettany en Dryden Vos — le méchant de l’histoire), à moins de suivre Games of Thrones et d’y reconnaître Emilia Clarke en Qi'ra, qui n’est probablement pas la meilleure actrice de la galaxie, mais qui a le sérieux avantages d’une bouille SW-compatible. C’est Alden Ehrenreich, de Beautiful Creatures (et quelques autres rôles très mineurs), qui reprend le rôle-titre de Han Solo, et il a la même allure que Harrison Ford junior, poussant le vice jusqu’à refaire les mimiques de ce dernier (essentiellement au début du film).

Comme le scénario a été bien travaillé, tout s’intègre bien dans l’histoire générale de SW, tout en ménageant du suspense, ce qui n’est pas aisé étant donné que l’on sait à l’avance que les deux protagonistes principaux (dont la rencontre fait partie des aspects surprenants), Han et Chewbacca (repris par Joonas Suotamo depuis l’épisode 8), s’en sortiront bien. On attendait par exemple la partie de cartes pour gagner le Falcon Millenium (puisqu’il en est question dans l’épisode 6, avec Lando — repris par Donald Glover), et là encore, le scénario ne cède pas à la facilité linéaire. On a même un petit détail pour ravir les fans de la première heure, avec une prise de position enfin claire qui résout un vieux débat : HAN SHOT FIRST !!! (Accessoirement : en français, on dira définitivement Han et pas Yan)

Cet épisode se fait enfin plaisir avec des thèmes féministes, déjà fouillés dans le reboot, tout à la fois avec un personnage féminin qui tabasse (même s’il faut attendre un peu pour la voir en action), et une robote (?) qui est l’élément comique répétitif, dans sa lutte des classes incessante, ce qui relève quand même de beaucoup le niveau par rapport aux gags de Jar Jar (que la lave lui coule sur la tête). Il y a un maniement intelligent du second degré qui n’est pas pour déplaire, en fait. Une dernière surprise pour la route, qui tombe un peu comme ça, tout à la fin, alors que l’exégèse peut totalement exploser avec un truc pareil : il y aurait un autre Sith travaillant pour l’empire, genre petit neveu de Darth Maul. J’ai l’impression que ça travaille déjà sur les épisodes intercalaires entre le 6 et le 7…