J’ai mis pas mal de temps pour me faire à la loufoquerie de Wes Anderson, et si j’étais fort peu convaincu initialement, je pense que The Grand Budapest Hotel a fini de me convertir. Cet Isle of Dogs est dans cette tradition de l’aventure animée (totalement, cette fois) ; de l’aventure insulaire Moonrise Kingdom aussi. C’est à la fois délirant et rondement mené, et on pourrait même reprocher d’être trop parfait/propre (pour une fois Samuel Goldwyn serait content — « Well, this slum cost a lot of money. It should look better than an ordinary slum. »). On se retrouve chez les Japonais (des amoureux des chats, forcément), qui décident de bannir leurs chiens sur une île-poubelle — il y a du complot derrière tout cela. L’ambiance nippone est extrêmement bien rendue, pour grande partie grâce à l’excellente musique rythmée d’Alexandre Desplat. Il y a de très bons moments, sans rien ne se détache trop du lot non plus. Cela donne finalement un sentiment assez étrange entre l’originalité et le produit répétitif. Ça n’empêche pas de passer un fort bon moment, et c’est surtout ça qui compte.